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Pathologie · jambe

Périostite tibiale : gérer la charge avant le repos

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Sur cette page Comprendre Le diagnostic Le traitement Ce que dit la science Quand consulter vite FAQ

Comprendre

L’os qui proteste

Le syndrome de stress tibial médial, appelé périostite, correspond à une souffrance du bord interne du tibia sous l’effet des impacts répétés. La douleur est diffuse, s’étend sur plusieurs centimètres, et apparaît d’abord en début de sortie avant de s’échauffer.

C’est presque toujours une histoire de charge : reprise après coupure, passage sur route dure, augmentation rapide du kilométrage, ou changement de chaussures. Une faiblesse du mollet et une cadence basse aggravent l’impact à chaque foulée.

La distinction avec la fracture de fatigue est essentielle. Une douleur qui devient très localisée, présente au repos et à la marche, doit faire changer de diagnostic et d’attitude.

Les signes qui parlent

Une douleur étalée sur plusieurs centimètres du bord interne du tibia.

Elle s’échauffe en début de sortie, puis revient après l’effort.

Un lien net avec une hausse récente du volume ou du dénivelé.

À l’inverse, un point exquis d’un centimètre doit faire penser à une fracture de fatigue.

Au cabinet

Périostite ou fracture de fatigue ?

La distinction se fait d’abord cliniquement. En cas de doute, l’imagerie tranche, car la conduite à tenir n’est pas la même.

1

La cartographie de la douleur

Étendue et localisation précise à la palpation : diffuse oriente vers la périostite, ponctuelle vers l’os.

2

L’histoire d’entraînement

Volume des six dernières semaines, surface, chaussures, dénivelé, reprise après arrêt.

3

Les facteurs associés

Force du mollet, mobilité de cheville, cadence de course, statique du pied, statut nutritionnel.

4

L’imagerie si doute

IRM en cas de suspicion de fracture de fatigue : la radiographie est souvent normale au début.

Le traitement

Réduire l’impact, renforcer le mollet

Le traitement tient en deux volets : baisser temporairement la charge d’impact, et augmenter la capacité de la jambe à l’encaisser.

Phase 1 · 1 à 3 semaines

Baisser l’impact

Réduction du volume de course, bascule partielle sur vélo ou natation, surfaces plus souples. On garde de l’activité : l’arrêt total fait perdre la capacité osseuse et musculaire.

Volume réduitCross-trainingSurface souple

Phase 2 · 3 à 8 semaines

Construire la jambe

Renforcement du triceps et des muscles du pied, travail en charge progressive, puis sauts légers. On augmente aussi la cadence de course de quelques pas par minute pour diminuer l’impact.

MolletPiedCadence

Phase 3 · dès 6 semaines

Remonter le kilométrage

Progression du volume par paliers modestes, une variable à la fois. Le dénivelé et les surfaces dures reviennent en dernier.

ProgressionUne variable à la foisSuivi

L’analyse de foulée aide à réduire durablement l’impact : voir La Clinique du Coureur®. Chez les coureuses, une périostite récidivante justifie un bilan nutritionnel et hormonal.

Ce que dit la science

Sur quoi repose cette prise en charge

Br J Sports Med

Le facteur de risque le plus constant du stress tibial médial est une augmentation rapide de la charge d’entraînement.

Revues sur les blessures du coureur.

Med Sci Sports Exerc · 2011

Augmenter la cadence de course réduit les forces d’impact et les charges sur le membre inférieur.

Heiderscheit et al.

Sports Med

Le renforcement du triceps sural et les exercices en charge améliorent la tolérance osseuse aux impacts répétés.

Travaux sur l’adaptation osseuse à la charge.

Quand consulter sans attendre

Ces signes évoquent une fracture de fatigue plutôt qu’une périostite.

Une douleur très localisée, sur moins de deux centimètres, exquise à la pression.

Une douleur présente à la marche, voire au repos et la nuit.

Une douleur qui apparaît de plus en plus tôt dans la sortie, séance après séance.

Un gonflement local ou une chaleur sur le tibia.

Chez une coureuse : des règles absentes ou irrégulières associées.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande en consultation

Dois-je arrêter complètement de courir ?

Rarement. On réduit fortement le volume et l’impact plutôt que d’arrêter, sauf si la douleur persiste à la marche.

Combien de temps ça dure ?

Quatre à huit semaines dans les formes récentes, plus longtemps si la douleur traîne depuis des mois.

Les semelles règlent-elles le problème ?

Elles peuvent aider sur certains pieds, mais la gestion de la charge et le renforcement restent le traitement principal.

Comment éviter la récidive ?

En progressant lentement, une variable à la fois, et en gardant un renforcement du mollet toute l’année.

Jean-Baptiste Colombié, Kinésithérapeute du sport

Écrit et validé par

Jean-Baptiste Colombié

Kinésithérapeute du sport

Voir sa fiche →

Relu par le Dr Basile Carcassonne, médecin du sport, pour la distinction avec la fracture de fatigue.

Dernière mise à jour : 28 août 2026 · prochaine revue : février 2027.

Cette page a une visée d’information. Elle ne remplace pas une consultation.

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